La bêta-lecture, une histoire de vulnérabilité

Ma romantasy a eu CINQ bêta-lectrices – Infolettre du mois de décembre 2025.

Lordesfeuilles

1/20/20266 min read

assorted notepads
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Salut toi,

Comment ça va ? Comment se passe ton mois de décembre ? J’espère que tu n’es pas en train de courir partout avec une guirlande dans une main et une liste de cadeaux dans l’autre – ou que, si c’est le cas, c’est parce que ça te fait plaisir. Quoi qu’il en soit, n’oublie pas de t’asseoir au coin du feu pour manger des chocolats, toi aussi. Tu le mérites.

De mon côté, novembre s’est terminé en fanfare, car j’ai enchaîné le Salon du livre et de la presse jeunesse (SLPJ) à Montreuil, où je me rendais en tant que visiteuse, et la Japan Touch à Lyon, où je venais dédicacer ma trilogie !

C’était ma première année au SLPJ, et je suis très contente d’avoir enfin pu découvrir ce salon mythique… et d’assister à la soirée d’inauguration en prime, grâce à mon amie Marion. Il est possible que quelques flyers sur ma romantasy aient été distribués, mais c’est une histoire pour une autre fois.

Où en suis-je dans ce projet, d’ailleurs ? Eh bien, j’ai la joie de t’annoncer que la phase de bêta-lecture (BL – j’utiliserai le même sigle pour « bêta-lectrice(s) ») est terminée, et qu’il s’agit du sujet de la présente infolettre.

J’ai eu cinq bêta-lectrices pour ce texte. Certaines connaissaient déjà le projet et avaient dit être intéressées pour me lire ; j’ai trouvé les autres en lançant un appel en story Instagram. J’avais un peu peur de manquer de volontaires, puisque c’était une BL bénévole et que j’imposais un délai pour me fournir des retours (un mois et demi environ), mais l’affaire a été pliée très vite !

Une partie des BL avaient déjà lu mes textes, et/ou j’avais déjà lu leurs écrits. Pour d’autres, c’était une première. J’ai bien aimé ce mélange : avec les têtes connues, j’étais sûre d’avoir un retour pertinent sur mon manuscrit, car je connaissais leur façon de travailler. Et solliciter de nouvelles personnes m’a aussi permis de bénéficier du regard frais de lectrices qui ne connaissaient pas ma plume. (Finalement, j’ai eu cinq avis pertinents sur cinq, et c’était super.)

C’était la première fois que j’avais autant de retours sur un projet aussi long. J’ai déjà consacré une publication Instagram (que tu peux lire ici) à la question du nombre de BL idéal, et je ne ferai donc pas de redite dans cette infolettre. En gros, pour moi, c’est entre trois et cinq.

J’ai été un peu intimidée – et ai peut-être un peu paniqué intérieurement – en recevant de premiers avis, qui parfois se contredisaient, car je me voyais déjà prise dans une spirale d’indécision après avoir entendu cinq sons de cloche différents. Heureusement, prendre du recul m’a permis de constater que les commentaires ne divergeaient pas tant que ça et de dégager de grandes lignes de retravail.

Cette expérience m’a permis de confirmer que, dans l’état actuel des choses, je préfère avoir accès à tous les commentaires d’un seul coup une fois que la BL est terminée, et non au fil de l’eau. J’aurais peur de m’éparpiller et d’emprunter des impasses si je n’avais pas cette vue d’ensemble.

Pour te situer un peu dans le temps, j’ai envoyé mon manuscrit aux bêta-lectrices le 11 septembre. Le premier retour est arrivé le 27 septembre, et le dernier le 20 novembre. Tout le monde a respecté mon délai souhaité, et personne n’a abandonné en cours de route. Merci encore à mes bêta-lectrices pour leur investissement !

Mais alors, qu’est-ce qu’il y avait dans cette bêta-lecture ? Quels éléments sont ressortis de l’analyse ? Ça, je vais le garder pour moi encore un moment. Déjà, car je suis en plein retravail du texte pour suivre certaines suggestions, et que c’est un moment où j’ai envie de refermer la porte de mon bureau. Et… un peu par superstition aussi, je crois : alors que je prévois de soumettre le texte en maison d’édition quand j’aurai terminé de travailler dessus, je n’ai pas envie de diffuser l’avis de premières lectrices sur une version qui n’existera plus – sauf dans mes archives.

Si le roman est publié un jour, je rentrerai dans les détails, promis ! Surtout que les commentaires étaient très intéressants et pertinents – vraiment drôles parfois, aussi – et qu’ils valent la peine d’être partagés, avec l’accord de leurs autrices.

Cette envie de garder mon manuscrit comme si j’étais une dragonne assise sur son poids en joyaux souligne que la BL est une expérience de vulnérabilité profonde.

On offre aux lecteurices un produit fini – autant que peut l’être une œuvre artistique. Quelle que soit sa réception, l’auteurice n’a plus la main : iel a fait tout son possible pour créer un roman correspondant à sa vision, qui appartient désormais au lectorat. C’est d’ailleurs pour ça qu’il ne sert à rien de contacter une personne pour l’informer que l’on n’a pas aimé son livre. Ce n’est pas comme si elle pouvait le changer !

En revanche, je considère mes bêta-lectrices comme des membres à part entière de l’équipe de mon roman. Elles ont eu accès aux coulisses : elles ont vu les jolies finitions, les trous dans le plancher, les bonnes idées de déco et les portes au plafond.

Montrer un travail inachevé demande une bonne dose de confiance. Il faut avoir la certitude que les personnes sollicitées ne vont pas juger le texte comme un roman publié, qu’elles sauront distinguer son potentiel tout en ayant l’exigence de nous pousser à nous dépasser. Il faut accueillir leurs critiques éventuelles sans se flageller d’avoir présenté quelque chose d’imparfait. Il faut oser croire, aussi, que leurs compliments sont sincères.

Toutes mes bêta-lectrices ont donné de leur temps pour mon projet : non seulement elles m’ont laissé de nombreux commentaires, mais elles ont aussi échangé avec moi après (par écrit ou par téléphone), ont contribué au brainstorming pour m’aider à trouver mon titre, et s’intéressent à mon parcours de soumission en maison d’édition. Je me suis permis de leur écrire quand je me posais des questions existentielles, et je les tiendrai informées de la suite des aventures du roman, si suite il y a.

Bien sûr, membre de l’équipe ne rime – littéralement – pas avec corvéable à merci. Je ne me verrais pas solliciter mes BL en permanence pour leur demander leur avis sur tel ou tel point de mon manuscrit ! Le travail bénévole a ses limites. Le moment est venu pour moi de reprendre la barre et de foncer gaiement vers l’iceberg la version définitive du roman.

Comment s’organise cette étape cruciale ? D’un côté, j’ai un document où j’ai compilé tous les commentaires de mes BL, sur lequel je garde un œil pendant que je travaille sur la version actuelle du texte (la quatrième, maintenant !). Certains commentaires ne sont plus directement utiles, car j’ai déjà supprimé ou modifié le passage sur lequel ils portaient. Ils me servent pour les paragraphes que je garde tels quels, en revanche. J’ai aussi récapitulé toutes les modifications que je dois apporter dans un document plus général qui me sert de feuille de route.

Ma mission, si je l’accepte : terminer ce retravail en janvier ou février 2026 ! Je vais devoir carburer un peu, mais ça me permettra de rester immergée dans le texte. Je te réécrirai peut-être pour faire un petit bilan, si j’ai des choses intéressantes à en dire. [Note de l'autrice au moment où elle publie cet article fin janvier : On va plutôt miser sur février, hein.]

Avant de te dire au revoir et de quitter le monde de la romantasy, je me permets un petit détour pour t’informer que Couronnes et Reflets, troisième et dernier tome de ma saga de cosy fantasy, est désormais disponible en numérique ! Tu peux donc te procurer les trois tomes sur n’importe quelle plateforme et les lire sur ta liseuse.

Je te souhaite des fêtes pleines de lumière, en bonne compagnie, et avec une bibliothèque bien remplie. Sur ce… à l’année prochaine !

Lordesfeuilles

Image par Patrick Perkins sur Unsplash